Aller au contenu

Marché Bonsecours

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Marché Bonsecours
Image illustrative de l’article Marché Bonsecours
Situation
Coordonnées 45° 30′ 32″ nord, 73° 33′ 05″ ouest
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau du Québec Québec
Ville Montréal
Quartier Vieux-Montréal
Morphologie
Longueur 165 m
Largeur 25 m
Histoire
Création 1847
Protection Lieu historique national (1984)

Le marché Bonsecours est un ancien marché public de Montréal, au Québec situé dans le Vieux-Montréal.

Scène d'hiver, James Duncan, 1850-1860

Le site fut originellement développé sous le régime français. La famille Le Moyne de Longueuil y possède une demeure vers la fin du 17e siècle. Celle-ci est vendue à Étienne Rocbert de La Morandière en 1737 et offerte en cadeau de mariage au chevalier Claude-Michel Bégon de La Cour, son gendre. À sa mort en 1748, son épouse Élisabeth Bégon loue la maison à François Bigot, dernier intendant de Nouvelle-France qui y habita à compter de 1749, jusqu'à son retour en France en 1760[1]. C'est alors l'une des plus importantes maisons privées de Montréal.

Sir John Johnson, ardent loyaliste et surintendant général et inspecteur général des Indiens des Six-Nations et de ceux de la province de Québec, acheta la résidence en 1796 et la revendit à John Molson en 1815[2].

Ce brasseur et pionnier de la navigation à vapeur sur le Saint-Laurent, qui convoitait un accès au fleuve, y construisit même un quai. Molson agrandit et aménagea l'hôtel Mansion House. L'endroit devint vite le lieu de réunion du Beaver Club et reçut un dépôt de 7000 volumes par un « groupe de messieurs à l'esprit civique ». À la suite d'un incendie, Molson construisit le New Mansion House, ensuite appelé le British American Hotel, qui fut aussi incendié en 1833.

John Molson fils revendit le terrain à la Corporation de la Ville de Montréal qui servit à l'implantation du nouveau marché, dit « Bonsecours », dont la construction débuta en 1844 d'après les plans de William Footner. Destiné à remplacer le marché Sainte-Anne alors reconverti en parlement, le nouveau marché public fut inauguré en . Les responsables n’ont pas réussi à respecter les échéances. Les travaux d'aménagement intérieur, sous la direction de l'architecte George Browne (en), se poursuivirent jusqu'en 1852.

Selon les dires de Footner dans la présentation de son projet, Montréal devait avoir un monument qui soit « fondé pour prouver le bon goût et la libéralité des citoyens de Montréal ». Il fallait à tout prix « produire sur l'esprit du voyageur une grande idée de la beauté, et de l'importance de la ville florissante de Montréal », alors capitale de la Province du Canada.

Le marché Bonsecours est un marché public, un carrefour urbain[3]. En d’autres mots, il s’agit d’un centre d’activités majeures et un lieu de rassemblement. C’est une halle et les halles sont associées à des fonctions de prestige et le lieu d’événements historiques. Par exemple, le marché Bonsecours avait une salle de concert à l’étage[3]. L’édifice devient un symbole urbain du peuple. Après sa restauration, en 1964, il est utilisé par l’administration municipale[3]. D’ailleurs, plusieurs marchés disposaient de salles de réunion aux conseils municipaux et comme salles de spectacle[4]. Le marché Bonsecours n’est pas le seul, il y avait notamment le marché Jacques-Cartier de Québec, le marché public de Trois-Rivières et le marché de Saint-Hyacinthe[4].

Vue de la rue des Commissaires, 1922

Lorsque des émeutiers incendièrent le Parlement du marché Sainte-Anne le , qui logeait alors le Parlement du Canada-Uni, les députés siégèrent au marché Bonsecours, du 26 avril au 7 mai de la même année, avant d'être retransférés dans un bâtiment de la place Dalhousie. À partir du , le marché hébergea également le conseil municipal qui ne quitta l'édifice qu'en 1878, date de l'inauguration du nouvel hôtel de ville, sur la rue Notre-Dame.

En 1976, un incendie détruisit la coupole du Marché[5].

Aujourd'hui

[modifier | modifier le code]

De nos jours, le marché est le siège du Conseil des métiers d'art du Québec et de l'Institut design de Montréal. Il abrite de nombreuses salles d'expositions, des restaurants et commerces. Le Marché Bonsecours est reconnu comme un lieu historique national du Canada en 1984[6]. Il est considéré comme étant un des dix plus beaux édifices patrimoniaux du Canada.

Au 19e et 20e siècles, le marché Bonsecours était connu pour sa diversité de commerces. Aujourd’hui, le marché Bonsecours a grand rôle dans les activités culturelles de la ville. Un des événements les plus populaires et de longue durée est le World Press Photo[7]. En 2018, il s’agit de la 13e édition montréalaise du concours annuel le plus prestigieux de photographie professionnel. Parmi les panoplies d’activités qui prennent place au marché Bonsecours, il y a aussi le Festival Montreal Is Kizomba, des expositions d’artistes canadiens, des salons de bijoux, des salons de vins, des salons d’antiquités, La Grande Braderie de Mode Québécoise, Meastria, etc[7].

Afin de donner vie au Vieux-Montréal, le Marché Bonsecours est illuminé jusqu’à 1 h, comme l’hôtel de ville[8]. Comme le disent Morel et Proulx, le dôme du Marché Bonsecours est devenu une véritable horloge urbaine. Elle a quatre couleurs différentes, qui alternent pour ponctuer tous les quarts d’heure, et un flash lumineux qui marque les heures[8].

Le , à l’occasion de la tenue à Montréal du 17e congrès de l’Union internationale des architectes, Poste Canada émettait un timbre en l’honneur du Marché Bonsecours, conçu par Raymond Bellemare. Ce timbre devenait ainsi le troisième de la série consacrée au patrimoine architectural du Canada. Au prix courant de 5,00 $, il possède une dentelure de 13.5, et a été imprimé par la British American Bank Note Company et la Canadian Bank Note Company, Limited[9].

Le Marché Bonsecours est situé au 300-390 Saint-Paul Est, le bâtiment porte aussi le numéro civique 300-395 rue de la Commune Est qui est en fait la façade secondaire. Les façades latérales qui se trouvent sur la rue Bonsecours et sur la rue du Marché-Bonsecours sont, quant à elles, sans numéro civique[10].

Références

[modifier | modifier le code]
  1. « Historique »
  2. « Biographie – JOHNSON, sir JOHN – Volume VI (1821-1835) – Dictionnaire biographique du Canada », sur www.biographi.ca (consulté le )
  3. a b et c « Érudit | Identifiant non conforme », sur id.erudit.org (consulté le )
  4. a et b (en-US) Yves Bergeron, « Les premières places de marché au Québec », Material Culture Review / Revue de la culture matérielle, vol. 35,‎ (ISSN 1927-9264, lire en ligne, consulté le )
  5. « incendie-au-marche-bonsecours »
  6. Parcs Canada, Montréal, une ville d'histoire, 2004, p.40
  7. a et b « Marché Bonsecours de Montréal », sur www.marchebonsecours.qc.ca (consulté le )
  8. a et b « Érudit | Identifiant non conforme », sur id.erudit.org (consulté le )
  9. Philacanada, « Philacanada - Marché Bonsecours, Montréal - 5 dollars 1990 - Timbre du Canada - Valeur des timbres du Canada », sur www.philacanada.com (consulté le )
  10. « Vieux-Montréal – Fiche d'un bâtiment  : Marché Bonsecours », sur www.vieux.montreal.qc.ca (consulté le )

Articles connexes

[modifier | modifier le code]

Liens externes

[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :